jeudi 19 juin 2008

Saut de puce en Bourgogne

Vendredi 13 juin, nous faisons déjà une infidélité à la Champagne. L’autocar file et effleure la Bourgogne.




Notre première étape est la bourgade de Chaource. Non, pas pour son fromage mais pour sa grande église.


Encore une église, me direz-vous. Mais celle de Chaource a son charme : vaste, claire, en calcaire comme les églises champenoises, avec de grandes fenêtres. On y respire.



On peut prier Sainte Barbe qui nous protège contre la foudre

Sainte Barbe est la patronne des pompiers, des mineurs, des géologues...


Il y a peu d’église avec autant de statues : presque une église païenne, avec un personnage pour chaque élément de la nature. Chacun peut y vénérer un saint qui lui convient. Mais je me demande si tous ces saints ne représentent pas un peu les habitants du pays. Des représentations charmantes. Des visages expressifs. Chacun est montré avec ses attributs. Sainte-Barbe (Barbara), patronne des mineurs, des sapeurs et des pompiers est représentée avec sa tour dans laquelle elle a été enfermée par son père pour être sûr qu’elle ne se fasse pas chrétienne (légende ?). Au travers de ces statues ne voit-on pas la foi simple des gens qui habitaient là, à Chaource ?





Maintenant, je regarderais le Chaource autrement

Après un repas dans un Logis de France nous nous promenons dans les rues de Tonnerre, petite ville du Nord de la Bourgogne, centre d’un petit vignoble. Voici la « Fosse Dionne » une sorte de grande mare très profonde, dans un écrin d’anciennes maisons anciennes. Il paraît que cette mare n’a pas de fond et qu’une nymphe y habite ! C’’est un peu l’endroit mythique de Tonnerre

On reste à côté des ces eaux vertes, comme envoûtés. Après tout, on est bien là ! c’est frais et reposant. En réalité, l’eau provient du sous-sol du plateau calcaire tout proche. Mais l'explication de la nymphe est plus poétique !
La fosse Dionne, à Tonnerre : une oasis de calme et de fraîcheur


Allons, Raf nous emmène maintenant sur une grande place de la ville ou nous attend l’autre curiosité : l’hospice de Tonnerre. Un immense bâtiment qui a servi de maison pour les pauvres au moyen âge, construit en 1293 avec les deniers d’une certaine Marguerite de Bourgogne belle-sœur de Saint-Louis. Nous avons droit à une visite guidée en règle, intéressante. C’est l’avantage de ce voyage : le contact avec des spécialistes de chaque région qui connaissent leur affaire.


L'hospice de Tonnerre :Et si vous voulez en savoir plus sur les faits et les méfaits de Marguerite, vous n'avez qu'à cliquer là :
http://margueritedebourgogne-2008.tonnerre.fr/charite.htm

Encore une trentaine de km et cette fois-ci, c’est une abbaye qui nous reçoit. Pas n’importe laquelle : une des quatre premières abbayes cisterciennes créées au XIIe siècle.
Il faut expliquer qu’en même temps que la société, les moines bénédictins étaient alors devenus très riches. Ils décoraient leurs abbayes de magnifiques peintures, de statues polychrome, et d’ornements de toute sorte.
Certains autres moines trouvaient qu’il fallait revenir à la pauvreté et à la simplicité des origines, des premiers chrétiens, des premiers moines bénédictins. Avec Saint Robert de Molesme, avec Saint-Bernard en Champagne, on se met à construire des églises et des abbayes avec seulement des murs et des piliers. Pas de décorations, le vide entre soi-même et Dieu. Pas de statues pour nous distraire. Les parchemins ne sont plus enluminés. Une seule couleur est y tolérée par Saint-Bernard : le rouge. Bref, des moines pauvres qui développent leur rapport à Dieu et seulement ça. On appelle ça la Mystique. Dans toute l’Europe, la mystique s’est développée à cette époque (en Flandre : Hadewijg, en Allemagne : Hildegard von Bingen)


Il fallait avoir le compas dans l'oeil, pour construire un tel batîment ! On n'avait plus de complexe vis-à-vis des architectes romains ou grecs.

Quelques pas dans l’abbatiale de Pontigny suffisent pour s’imprégner cet esprit. Des centaines d’abbayes cisterciennes furent construites dans toute l’Europe sur ce modèle.


Pontigny est aussi connue pour avoir hébergé pendant deux ans Thomas Beckett, de Cantorbéry qui s’était enfui d’Angleterre (1164) pour échapper à Henri II (le Plantagenêt) qui voulait instituer une église anglicane … déjà ! Finalement, le roi s’étant adouci de crainte d’une excommunication, Thomas Becket revint en Angleterre … pour y être tout de même …assassiné devant l’autel de sa cathédrale (1170).
C’est drôle, j’ai comme l’impression d’avoir déjà entendu cette histoire quelque part.

C’est assez pour cette journée, revenons à Troyes par des routes nationales qui nous permettent encore de profiter des paysages bourguignons et champenois.

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